| Octobre 2005 L'hépatite chronique B antigène HBe négative (une mutation empêche le virus de commander la synthèse de l'antigène HBe) est aujourd'hui la plus fréquente des hépatites chroniques B en France. Dans un essai publié en 2003, contre placebo, un an de traitement par l'adefovir améliorait les lésions hépatiques (64 % contre 33 %), normalisait les transaminases, et diminuait la virémie (médiane de 3,9 logs contre 1,3), sans développement de résistance. Les 185 malades traités par adefovir, 10 mg par jour, ou placebo furent de nouveau randomisés après les 48 semaines du premier traitement pour une nouvelle année de traitement par adefovir ou placebo. C'est ainsi que 79 malades reçurent l'adefovir continûment pendant deux ans, que 60 reçurent un an d'adefovir après un an de placebo, et que 40 reçurent un an de placebo après un an d'adefovir. Après deux ans, chez les malades traités continûment par adefovir, la diminution de la virémie médiane se maintenait autour de quatre logs, avec une virémie indétectable dans 71 % des cas, et des transaminases normales dans 73 % des cas ; à l'inverse, chez les malades ayant arrêté l'adefovir au bout d'un an, la virémie médiane était revenue aux valeurs basales, et les transaminases n'étaient normales que chez 32 % des malades ; les malades ayant reçu un an d'adefovir après un an de placebo avaient des résultats similaires à ceux initialement traités par adefovir. 70 malades furent traités continûment jusqu'à 144 semaines sans détérioration des résultats. Sur le plan histologique, l'amélioration constatée après un an se maintint avec une amélioration significative de la fibrose ; à l'inverse, chez les malades ayant reçu de placebo après un an d'adefovir, le bénéfice constaté à un an fut en médiane perdu. Une forte augmentation des transaminases fut observée chez 13 malades, 10 fois dans les trois mois suivant à l'arrêt de l'adefovir. Une augmentation significative de la créatininémie fut observée dans deux cas, régressive dans un malgré la poursuite du traitement, et dans l'autre après l'arrêt de l'adefovir. Une mutation responsable de résistance fut observée chez 2 malades après deux ans et un après 3 ans de traitement par adefovir, associée à une augmentation des transaminases et de la virémie. Ainsi, le bénéfice incontestable d'une année de traitement par l'adefovir, observé chez environ trois quarts des malades, est quasiment perdu un an après l'arrêt du traitement, mais au contraire maintenu, mais sans amélioration supplémentaire, par une ou deux années additionnelles de traitement. Le taux d'acquisition de résistance reste faible à 3 ans, très inférieur à celui observé avec la lamivudine, et la tolérance excellente. Comme la guérison sérologique (perte de l'antigène HBs) est rare dans cette forme d'hépatite chronique B, il est probable que seul un traitement de (très) longue durée est nécessaire, soulignant l'importance de l'indication initiale du traitement, mais aussi celui de la compliance à un traitement prolongé. Les résultats récents obtenus avec l'interféron pégylé alpha 2a suggèrent que ce dernier, parce qu'il permet un plus grand nombre de réponses durables, est, malgré des effets indésirables plus marqués, le meilleur choix en première intention. Alexandre Pariente Hadziyannis SJ et al. N Engl J Med 2005; 352:2673-81. [résumé] Publié dans La Revue du Praticien Médecine Générale |