Hépatite B et

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Hépatite B et vaccination. A Taïwan, 15% adultes sont porteurs de l’AgHBs. Le programme national de vaccination anti VHB a été mis en route en 1984, vaccination des nouveaux-nés de mère AgHBs positive.

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mardi 11 décembre 2018

Hépatite B : 20 ans de vaccination à Taïwan

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A Taïwan, 15% des adultes sont porteurs de l’AgHBs. Le programme national de vaccination anti VHB a été mis en route en 1984 (vaccination des nouveaux-nés de mère AgHBs positive) puis étendu à tous les nouveaux-nés (1986), aux enfants d’âge préscolaire puis scolaire (1989), puis les adolescents et enfin les adultes en 1990. La vaccination comportait d’abord 4 doses, puis 3 doses, sans rappel.

La vaccination a été évaluée sur un échantillon de 17.837 personnes de moins de 20 ans, et 1142 jeunes adultes âgés de 20 à 30 ans résidant à Taipeh. Le taux de couverture vaccinale allait de 89 à 97 % selon la cohorte de naissance. La vaccination est efficace : le taux de portage de l’AgHbs était de 0,5% chez les enfants de moins de 15 ans, 1,7% chez les adolescents de 15 à 19 ans, contre 10,9% chez les 20-30 ans, nés avant le début du programme national de vaccination. Parmi les enfants porteurs de l’AgHBs, plus de 90% avaient une mère elle-même porteuse de l’AgHBs (ou un autre membre de la famille proche). Le taux de positivité de l’anticorps anti-HBc (témoignant d’une infection par le VHB) de 4% à 15-17 ans passait à 7% à 18-19 ans (il était de 44% juste avant le début du programme de vaccination), mais n’augmentait pas avec l’âge dans chaque cohorte. Des anticorps antiHBs étaient détectables chez plus de 50% des enfants d’âge scolaire, et 37% des 15-19 ans.

Ces résultats démontrent la très bonne efficacité de la vaccination, parce qu’elle protège directement les vaccinés, et, qu’en diminuant l’endémie, elle les protège d’une acquisition au cours de l’enfance et de l’adolescence. Le taux d’acquisition de l’infection virale B chez les vaccinés non répondeurs sérologiques est bas, et ne semble que très rarement à l’origine d’une infection chronique (contrairement à l’infection néonatale). En revanche, la protection des nouveaux-nés de mère AgHBs positive est insuffisante (mais à Taïwan, ils ne recevaient des immunoglobulines anti-HBs que si leur mère était AgHBe positive) ; un renforcement de la séroprophylaxie, voire un traitement par lamivudine au 3ème trimestre pourrait réduire ce risque surtout en cas de forte virémie.

En conclusion, la vaccination universelle des nouveaux-nés associée à un rattrapage chez les enfants, sans rappel, est remarquablement efficace pour réduire drastiquement l’endémie d’hépatite B dans un pays de forte endémie. N’oublions pas !

Alexandre Pariente

Ni YS et al. Gastroenterology 2007 ; 132 :1287-93 [Résumé]

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