| Mars 2004 Après des résultats jugés généralement négatifs, deux méta-analyses récentes ont montré que la surveillance « intensive » systématique réduisait la mortalité (2% de réduction de mortalité relative, 7% de mortalité absolue à 5 ans) après exérèse d’un cancer colorectal. Une équipe anglaise, auteur d’une des deux méta-analyses, montre maintenant que cette surveillance est « coût-efficace ». Le coût par année de vie gagnée est de 3402 £, et même moindre si on ne recherche que les récidives extra-intestinales (3077£). Comme souvent dans ce type d’étude, rien n’est parfait car l’estimation des coûts et des bénéfices est théorique. Celle-ci a l’avantage d’avoir pris en compte les coûts des soins palliatifs ; en revanche les coûts de la chimiothérapie, peu pratiquée lorsque les études-sources ont été réalisées n’étaient pas inclus. L’ordre de grandeur est cependant sans doute exact et très éloigné des 30.000 £ considérées en Grande Bretagne comme le « plafond de la coût acceptabilité » ( !). Le plus beau, c’est que maintenant qu’on est sûr que la surveillance est efficace, et même coût-efficace, il n’y a pas de consensus sur les examens à réaliser ni sur leur périodicité. En attendant de bonnes études (une grande étude de la Fédération Française de Cancérologie Digestive sur ce sujet n’a pu trouver de financement il y a 3 ans…) il est raisonnable de proposer aux malades opérés « curativement » un examen clinique, un dosage de l’ACE, une échographie et un cliché pulmonaire tous les 6 mois. En cas de cancer du côlon, on peut attendre 3 ans (puis 5 si elle est normale) pour faire une coloscopie ; en cas de cancer du bas rectum, une surveillance écho-endoscopique est sans doute raisonnable, au moins pour les malades à risque élevé de récidive. N’oubliez pas de surveiller vos malades : ils pourraient aujourd’hui légitimement se plaindre de n’en avoir pas bénéficier ! Alexandre Pariente Renehan AG et al. BMJ 2004; 328:81-4. [Article plein texte] Publié dans La Revue du Praticien Médecine Générale |