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Prévention du cancer colorectal : et maintenant, les statines !

denrées alimentaires
Prévention du cancer colorectal et Statines
Juin 2005

L’aspirine, les AINS, et particulièrement feu le rofecoxib, et l’acide ursodésoxycholique préviennent très probablement le cancer colorectal. Les statines, inhibiteurs de l’HMG CoA réductase, enzyme clé de la synthèse du cholestérol pourraient bien faire de même, d’après les résultats d’une étude cas-témoin israëlienne.

Tous les malades traités pour un cancer colorectal dans le nord d’Israël entre 1998 et 2004 étaient éligibles dans l’étude. Ils furent appariés à des témoins sans cancer colorectal de même âge, sexe, et groupe ethnique. Ils furent soumis à un interrogatoire détaillé sur leur consommation médicamenteuse, leurs antécédents familiaux, leur activité physique, la composition de leur alimentation et leurs antécédents pathologiques. La consommation médicamenteuse fut validée par l’examen des registres de prescription médicale des caisses d’assurance maladie.
L’analyse actuelle porte sur 1953 malades et 2015 contrôles (1651 paires) ayant des données exploitables en juillet 1994. L’utilisation de statines pendant au moins 5 ans était associée à une réduction significative du risque de cancer colorectal (OR 0,50, IC95% :0,40-0,63), et l’association restait significative après ajustement pour des facteurs de confusion comme l’âge, le sexe, la consommation d’aspirine et d’AINS, le groupe ethnique (les ashkenazes ont un risque de cancer colorectal élevé), l’activité physique, l’existence d’une hypercholestérolémie, les antécédents familiaux de cancer colorectal, et la consommation de légumes verts). La réduction était identique avec les 2 statines (simvastatine et lovastatine). Il n’y avait pas d’interaction synergique (multiplicative) entre statines et aspirine, l’effet était le même qu’il existe ou non des antécédents familiaux, et la réduction était identique pour les cancers du côlon et du rectum, et également notée chez les malades ayant une maladie inflammatoire chronique de l’intestin.

Cette étude est assez convaincante en raison de sa taille, et du contrôle excellent de la consommation médicamenteuse (interrogatoire confirmé par l’examen des registres d’une caisse d’assurance maladie, concordance 96,5%...). Des données préliminaires suggèrent que la prise de statines est associée à une réduction du même ordre des cancers du pancréas et de l’œsophage chez des anciens combattants américains. Les études d’intervention ne vont sans doute pas tarder. A statin a day would keep the cancer away ? et encore mieux avec un peu d’aspirine ? Il y aura du pain sur la planche pour nos chers économistes de santé puisqu il faudrait traiter environ 5.000 personnes pour éviter 1 cancer. A suivre…

Alexandre Pariente

Korzenik JR et al. N Engl J Med 2005 ;352 :2193-201. [résumé]
Publié dans La Revue du Praticien Médecine Générale

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