Envoyer à un confrère
  Nous contacter



Accueil > Documentation ANGH > Analyses d´Alex Pariente > Année 2004 > Physiopathologie de la CBP
Cirrhose Bilaire Primitive et Retrovirus

denrées alimentaires
La cirrhose biliaire primitive est-elle dûe à un rétrovirus ?
Mars 2004

La cirrhose biliaire primitive (CBP) est caractérisée par l’inflammation puis la destruction des canaux biliaires intrahépatiques de moyen calibre. La maladie est considérée comme auto-immune, notamment parce qu’il existe presque constamment des anticorps antimitochondries, et des lymphocytes CD4+ et CD8+ auto-réactifs, dirigés contre un composant de la pyruvate deshydrogénase mitochondriale (PDCE2). Chez les malades atteints, les cellules biliaires (cholangiocytes) expriment anormalement ce peptide, bien que sa synthèse intracellulaire ne soit pas augmentée, suggérant une origine extérieure à ces cellules.

Lizhe Xu et ses collègues ont récemment rapporté dans les Proceedings de l’Académie des Sciences Américaine, à partir de cultures de cholangiocytes et des ganglions lymphatiques de foies explantés de malades atteints de Cirrhose Biliaire Primitive, des observations impliquant la responsabilité d'un rétrovirus de type B, que discutent Raoul et Renée Poupon dans un éditorial récent du Lancet.
1. Des particules de rétroviral de type B sont observées dans l’espace extracellulaire au voisinage des cholangiocytes.
2. Le clonage montre une étroite homologie avec le virus des tumeurs mammaires de la souris.
3. Dans les ganglions, une infection par ce virus était détectable (par PCR ou immunohistochimie) chez 73% des malades et 20% des témoins.
4.La distribution cellulaire de la protéine de capside du virus et de l’auto-antigène PDCE2 était similaire.
5.La co-culture de cholangiocytes normaux avec le surnageant contenant le rétrovirus humain de type B ou le virus des tumeurs mammaires de la souris induisait le phénotype observé dans la Cirrhose Biliaire Primitive.
On savait déjà qu’après pénétration par voie orale, l’infection des lymphocytes B des plaques de Peyer intestinales par le virus des tumeurs mammaires de la souris provoque l’expression d’un superantigène viral stimulant les lymphocytes T qui produisent alors des cytokines entraînant une forte augmentation de la population de lymphocytes B et T spécifiques. Des médicaments antirétroviraux pourraient donc être efficaces dans la Cirrhose Biliaire Primitive (au moins au début de son évolution), mais on n’a pour l’instant que des résultats très fragmentaires. En attendant, continuons d’utiliser l’acide ursodéoxycholique, efficace, et dont il faudra vérifier s’il ne modifie pas l’interaction entre rétrovirus de type B et cholangiocytes…

Alexandre Pariente

Poupon R, Poupon RE. Lancet 2004 ;363 :260-1. [pas de résumé]
Publié dans La Revue du Praticien Médecine Générale

Retour en haut de page