La cirrhose est irréversible, c’est un dogme en hépatologie mais il est actuellement remis en cause : en cas d’infection virale C, de maladie alcoolique ou d’hépatite auto-immune, les lésions de fibrose peuvent régresser lorsqu’il y a eu un traitement efficace (éradication du VHC, sevrage, immunosuppresseurs), au point que chez certains malades l’état de cirrhose puisse disparaître.
Qu’en est-il au cours de l’hémochromatose génétique ? L’équipe rennaise (comme d’hab..) vient de rapporter lors d’un congrès international une très intéressante étude ; 28 malades atteints d’hémochromatose génétique ont eu 2 biopsies du foie, l’une au moment du diagnostic et l’autre au moins 2 ans après l’obtention de la désaturation en fer par saignées ; parmi les 11 malades ayant initialement une fibrose évoluée (F3), la fibrose avait régressé dans 82 % des cas lors de la 2ème PBH (F0, n = 4 ; F1, n = 4 ; F2, n = 1) ; parmi les 17 malades ayant initialement une cirrhose (F4), la fibrose avait régressé dans 47 % des cas lors de la 2ème PBH (F1, n = 4 ; F2, n = 2 ; F3, n = 2). Cette étude suggère d’étendre la notion de réversibilité possible de la cirrhose à l’hémochromatose traitée par saignées. Si ce résultat est confirmé par de plus larges études, cela constituera une preuve supplémentaire de l’intérêt du traitement et pourrait même modifier dans certains cas la politique de dépistage de l’hypertension portale et du carcinome hépatocellulaire. JC Barbare Reversibility of hepatic fibrosis in treated genetic haemochromatosis – A study of 28 cases. Guillygomarc’h A et al. J Hepatol 2004 ;40 (Suppl 1) : 164-65. |