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Vaccin VHB et Immunité

denrées alimentaires
Le vaccin contre l'hépatite B donne une longue mémoire...

Novembre 2005

La recommandation du conseil supérieur de l’hygiène qui proposait de ne pas faire de rappel chez les personnes bien vaccinées avant l’âge de 25 ans reposait essentiellement sur des données venant d’Extrème-Orient, où la prévalence de la maladie est élevée. Il est très agréable de constater qu’en Italie, ce vaccin est également responsable d’une très forte mémoire immunitaire.

1350 personnes vaccinées dans la première enfance il y a plus de 10 ans (groupe « enfants ») furent « sélectionnés » par tirage au sort sur les listes de vaccination anti-VHB (la vaccination est universelle chez les sujets de moins de 25 ans en Italie), à raison de 150 par région sanitaire. Mille deux cent cinquante neuf acceptèrent d’entrer dans l’étude, dont 47 furent exclus parce qu’ils étaient nés de mère AgHBs positive et avaient reçu des immunoglobulines à la naissance ou parce qu’ils n’avaient pas reçu un schéma de vaccination correct (3 injections de 10 µg d’Engerix B® à 3, 5 et 11 mois).
Cinq cent soixante et onze personnes vaccinées dans l’adolescence entre 1991 et 1994 furent sélectionnés parmi les jeunes recrues de l’armée de l’air (groupe « adolescents ») ; 468 acceptèrent d’entrer dans l’étude, dont 22 furent exclus parce qu’ils n’avaient pas reçu un schéma vaccinal correct (20 µg d’Engerix B® à 0,1 et 6 mois). On rechercha chez tous la présence d’anticorps antiHBs et antiHBc. Chez les porteurs d’antiHBc, on rechercha l’AgHBs et l’ADN du VHB. Les personnes ayant une concentration d’antiHBs supérieure à 10 UI/L furent considérées comme protégées, celles ayant moins de 10 UI/L reçurent une injection de rappel, et eurent une nouvelle recherche des anticorps 2 semaines plus tard ; les non-répondeurs reçurent 2 doses supplémentaires (à 1 et 6 mois) et furent testés à nouveau 1 mois plus tard. Des antiHBs à un titre protecteur étaient présents chez 64% des « enfants » et 89% des « recrues ». Un « enfant » et 4 « recrues » avaient des antiHBc, mais aucun n’était porteur de l’AgHBs ou d’ADN du VHB. Le titre des antiHBs était plus élevé chez les « recrues » que chez les « enfants ».
Après une injection de rappel, 97% des « enfants » et 96% des « recrues » eurent une réponse anamnestique ; les 13 non-répondeurs à cette injection développèrent des antiHBs à titre protecteur après 2 injections supplémentaires. Il y avait une forte corrélation entre les titres d’antiHBs pré et post-rappel.
La vaccination universelle des enfants et des adolescents a bien marché en Italie, où l’incidence de l’hépatite aiguë B a diminué de 17/100.000 en 1990 à moins de 1/100.000 en 2003. Aucune hépatite aiguë B symptomatique n’a été observée chez un enfant vacciné.

Cette étude confirme que même si les antiHBs ne sont plus détectables, la mémoire immune est forte, avec une réponse anamnestique à la première injection de rappel chez la quasi-totalité d’entre eux. Le titre plus élevé d’antiHBs chez les personnes vaccinées à l’adolescence pourrait être lié au sexe masculin de l'échantillon étudié, à la dose plus forte de vaccin employée, à une exposition « naturelle » plus grande au VHB dans l’adolescence. On peut donc maintenir la recommandation française ; elle indique aussi qu’une détermination des antiHBs est nécessaire, avec si besoin une injection de rappel dans les populations considérées comme à haut risque (BEH, 11 février 2003,p41).

Alexandre Pariente

Long-term immunogenicity of hepatitis B vaccination and policy for booster : an italian multicentre study. Zanetti AR et al. Lancet 2005;366:1379-84 [résumé]
Publié dans La Revue du Praticien Médecine Générale

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