Ictère et Consommation

Ictère et Consommation

Une équipe de Baltimore rapporte le cas de 2 hommes de 40 et 31 ans, hospitalisés pour une cholestase ictérique avec prurit sévère. Pas de cause décelable en dehors de la consommation d’androgènes.

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mardi 11 décembre 2018

Ictère et Consommation d'Androgènes

denrées alimentaires
Ictère sévère chez les fous de leur corps ou la jaunisse des salles de sport

Une équipe de Baltimore rapporte le cas de deux hommes de 40 et 31 ans, hospitalisés pour une cholestase ictérique avec prurit sévère. Des investigations détaillées ne retrouvaient pas de cause décelable en dehors de la consommation d’androgènes depuis 4 à 10 semaines dans un but de culturisme. L’examen de leur biopsie hépatique montrait essentiellement une cholestase centrolobulaire sévère, avec peu d’inflammation, et pas de fibrose. L’évolution fut favorable –mais lentement- après l’arrêt du médicament.

L’hépatotoxicité des androgènes administrés per os surtout est anciennement connue : ils peuvent être responsables de cholestase pure, mais aussi de lésions vasculaires du foie, et de tumeurs (adénomes et carcinomes hépatocellulaires). Médicaments, ils ne peuvent, même aux USA, être obtenus en dehors d’une prescription médicale. Cependant, ils sont faciles à obtenir sur le Net, mais aussi dans des boutiques consacrées à « l’alimentation saine » où ils sont vendus comme « suppléments diététiques », de ceux que l’athlète français XXX a récemment mis en cause pour expliquer la positivité d’une recherche de substance dopante ; enfin, il existe un véritable trafic autour de salles de « sport » auquel semblent s’intéresser les réseaux de trafic de drogue.

D’après les auteurs (je ne connais pas les chiffres français), 1 million de mâles américains consommeraient des androgènes, 8 fois sur 10 pour un motif purement cosmétique. On n’en est pas étonné, en voyant les calendriers ventant une nouvelle « normalité » masculine, que le pourcentage de pré-adolescents en consommant soit passé de 2 % en 1990 à 3,4% en 2004. En toute inconscience des risques connus comme l’acné, mais aussi sévères pour la santé (incluant dyslipidémie, troubles de l’humeur, Stunting de la croissance, néphrotoxicité (incluant de rares carcinomes) en plus des effets hépatiques, et d’effets métaboliques indirects (sur le métabolisme des xénobiotiques par exemple) inconnus. La consommation de ces produits peut aller jusqu’à un syndrome psychiatrique la « dysmorphie musculaire » également appelée « anorexie mentale inverse ».

Il ne suffira pas d’interdire : il faut éveiller les enfants, cesser le culte du corps et sa propagande médiatique tout sauf innocente, pour ne pas aggraver encore ses conséquences déjà tangibles (troubles du comportement alimentaire et folies diététiques en tout genre). Le tour de biceps va devenir une clé du diagnostic des ictères !

Alexandre Pariente

Kafrouni MI et al. Clin Gastroenterol Hepatol 2007 ; 5: 809 [Résumé]

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