Eructation Relaxation Sphincter

Eructation Relaxation Sphincter

Eructation Air dans estomac proximal. Distension excessive de l’estomac active récepteurs à l’étirement qui déclenchent un réflexe vaso-vagal provoquant la relaxation du sphincter inférieur de l’œsophage.

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mardi 11 décembre 2018

Eructation, Relaxation du Sphincter Inferieur de l'Oesophage

denrées alimentaires
Tout ce que vous avez voulu savoir sur les rots, sans jamais oser le demander !

On avale de l’air chaque fois qu’on avale ; l’air est ensuite stocké dans l’estomac proximal (la bonne vieille « poche à air ». La distension excessive de l’estomac active des récepteurs à l’étirement qui déclenchent un réflexe vaso-vagal provoquant la relaxation du sphincter inférieur de l’œsophage, permettant la remontée de l’air dans le corps de l’œsophage ; si elle est brutale , elle provoque ensuite le relâchement du sphincter supérieur de l’oesophage, qui permet de roter, avec ou sans bruit (si la distension du corps de l’œsophage est plus lente, comme c’est le cas dans le reflux gastro-oesophagien, elle provoque au contraire une augmentation de la pression du sphincter supérieur, prévenant la régurgitation).

Si les malades ayant un reflux gastro-oesophagien se plaignent assez souvent d’éructations, ce ne sont pas, comme l’a montré la technique récente d’impédancemétrie qui distingue les reflux liquides et gazeux, les reflux gazeux qui déclenchent les épisodes de reflux acides. En revanche, les malades ayant un reflux avalent plus souvent de l’air ; il est possible (mais non prouvé) que les traitements du reflux améliorent les éructations chez ces malades.

Les malades dyspeptiques fonctionnels se plaignant de « digestions lentes », de ballonnement et d’inconfort abdominal ne semblent pas se plaindre d’éructations anormales, mais soulignent parfois que roter les soulage. Des éructations gênantes peuvent aussi être, sans spécificité, observées en cas de maladies organiques.

Enfin, restent les malades souffrant d’aérophagie, définie comme une activité répétitive de déglutition d’air suivie d’éructation. Ces malades ne se plaignent que de cela, sans symptôme associé, et peuvent roter jusqu’à 20 fois par minute ; la fréquence des éructations augmente en cas de stress, et ils sont souvent anxieux. Ces malades sont habituellement convaincus que l’origine de leurs éructations est une « fermentation » gastrique anormale. L’équipe hollandaise qui signe cette excellente mise au point a récemment exploré 14 malades de ce type : contrairement à leur attente, ces malades n’avalent pas plus d’air que les témoins normaux. En revanche, la déglutition d’air est différente : il descend rapidement dans l’œsophage avant d’être presqu’immédiatement renvoyé vers la bouche. Ainsi l’air des aérophages n’atteint pas l’ estomac. La manométrie simultanée a montré que l’air arrivait dans l’œsophage selon deux mécanismes différents : soit création d’une pression intra-thoracique négative, habituellement par une inspiration à glotte fermée suivie d’une relaxation du sphincter supérieur de l’œsophage permettant l’entrée d’ air, soit injection d’air dans le pharynx à l’aide des muscles pharyngés, du palais et de la langue, technique analogue à celle employée par les malades laryngectomisés pour obtenir une « voix oesophagienne ».

L’aérophagie est bien un trouble du comportement : la fréquence des éructations diminue en cas de distraction, ou lorsque le malade pense ne pas être observé. Une prise en charge de type comportemental est donc assez logique, mais sans preuve établie. On peut penser que l’enregistrement et l’explication objective du trouble est la première étape du traitement. On pourrait également utiliser les compétences des orthophonistes pour « désapprendre » aux malades leurs manœuvres éructogènes.

Alexandre Pariente

Bredenoord AJ, Smout AJPM. Clin Gastroenterol Hepatol 2007 ; 5 :772 [Résumé]

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