EPP Evaluations des

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EPP Faut-il renforcer les programmes, les techniques multiples d'EPP, et donner toujours plus de pouvoir aux autorités de contrôle, centrales ou décentralisées, rendre la médecine toujours plus normative,

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vendredi 18 janvier 2019

Evaluation des pratiques : La Longue Marche mènerait-elle à l' enfer bureaucratique ?

denrées alimentaires

Le vibrant plaidoyer de Jean-Yves Bousigue, neurochirurgien, et secrétaire général de l'URML Midi-Pyrénées, en faveur d'une évaluation des pratiques devenant le vecteur d'une révolution culturelle de l'activité des médecins, avec en exergue une citation de Mao Tsé Toung, me fait un peu froid dans le dos.

Il commence par un discours doctrinaire (La loi oblige....l'évaluation doit être une composante de la pratique...) précédé de considérations générales verbeuses sur la « révolution technologique médicale », source de « souffrance masquée induite par une médecine de plus en plus dure vis à vis des patients, la technologie « écartant l'anatomie de la clinique au détriment de la confiance réciproque » (?).
L'évaluation des pratiques professionnelles étant le remède à tous ces maux (pourquoi?), il apparaît ensuite évident que « le dispositif initial proposé en 1999 n'y suffira pas » car il faut « faire entrer dans l'EPP, en 5 ans, plus de 100.000 confrères libéraux ».

Ensuite, un hommage appuyé à l'autorité (« rendre hommage aux initiatives et à l'écoute de l'HAS ») précède les premières solutions bureaucratiques, dans un langage réjouissant : « déja, les médecins exerçant dans les établissements de santé qui ont satisfait à la certification/accréditation V2 auront la possibilité de valider les actions conduites dans le cadre des références 44, 45 et 46 du manuel de certification » (on est content pour eux, et on pense aussi à ceux, qui, pendant ce temps là, soignent leurs malades).

Retour pour finir dans l'obscurité doctrinale : « la voie ouverte dépasse la médecine fondée sur les preuves ; il se pourrait même que nous vivions un saut épistémologique sur fond de révolution culturelle... ».

Faut-il donc renforcer les programmes, les techniques multiples d'EPP, et donner toujours plus de pouvoir (et d'argent) aux « autorités » de contrôle, centrales ou décentralisées, rendre la médecine toujours plus normative, plus encadrée, plus conforme ? Faut-il faire consacrer par les médecins toujours plus de temps aux tâches ne relevant pas directement des soins ? quand pourront-ils (s'ils en ont encore le goût) s'instruire en lisant des faits scientifiques originaux (qui ont une autre saveur que les textes de recommandation), en participant à de vraies réunions scientifiques, en faisant eux-mêmes de la vraie recherche clinique, seule créatrice d'innovation, et vrai moyen de développement intellectuel ?

La première obligation, c'est au contraire, dès la formation initiale, le développement de l'esprit critique, du scepticisme raisonné, l'encouragement des jeunes à aller plus volontiers vers l'information originale que vers la recette de cuisine toute faite, en leur donnant les moyens intellectuels (en statistiques, en sciences humaines notamment) tout au long de leurs études de combler leurs inévitables manques futurs.

Liberté de pensée et d'action contrôlée par une vraie morale personnelle et un système souple, ou incantation régulière d'un petit livre (rouge ?) régulièrement tamponné... en attendant les camps de rééducation active des déviants ?

Qu'on est heureux parfois de se rapprocher de la retraite !

Alexandre Pariente

Bousigue JY. Revue du praticien-Médecine Générale;2007:21, N° 754/5:47-8. [pas de Résumé]

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