Dyspepsie Dépistage Traitement

Dyspepsie Dépistage Traitement

Dyspepsie Dépistage Traitement Helicobacter Pylori ou Endoscopie première. Etude randomisée d'une équipe danoise ayant comparé ces deux stratégies diagnostiques chez 500 malades consultant pour dyspepsie.

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mardi 11 décembre 2018

Dyspepsie : dépistage et traitement d’ H. pylori ou endoscopie première ?

denrées alimentaires
Mars 2005

Une équipe danoise rapporte les résultats à 7 ans d’une étude randomisée ayant comparé ces deux stratégies diagnostiques de prise en charge chez 500 malades consultant en médecine générale pour une « dyspepsie » (douleurs ou inconfort épigastrique avec ou sans pyrosis, régurgitation, nausées, vomissements ou distension, sans symptôme d’alarme).
Dans la première (groupe Hp), une infection à Helicobacter Pylori (H.p.) était recherchée par un test respiratoire, et les malades infectés traités par un Inhibiteur de la Pompe à Protons (IPP), de l’amoxycilline et du métronidazole. Parmi les malades Hp-négatifs, ceux ayant pris des anti-inflammatoires subissaient une endoscopie, ceux ayant des symptômes de reflux étaient traités par IPP, les autres étant simplement rassurés.
Dans la seconde (groupe E), tous les malades subissaient une endoscopie et étaient traités en fonction des résultats. Les malades, enrôlés en 1995-1996 furent suivis 1 an, puis recontactés fin 2002, invités à noter leurs symptômes 1 semaine par mois pendant 3 mois, et leurs dépenses de santé analysées à partir de bases de données nationales couvrant 95-100% des dépenses réelles.

Les malades étaient âgés de 18 à 84 ans (45 en moyenne), 28% étaient infectés par Helicobacter Pylori, 6 malades furent perdus de vue, 15 (6%) du groupe Hp, et 3 (1%) du groupe E décédèrent (aucun de maladie liée à la dyspepsie). Deux malades eurent un diagnostic de cancer de l’estomac à l’entrée, 1 à 2 ans et demi plus tard.
Les taux de réponse aux questionnaires de qualité de vie furent de 70-75%, ceux des questionnaires symptomatiques de 59-66%. Il n’y avait pas de différence entre les groupes Hp et E pour le nombre de jours sans symptôme (0,52 contre 0,64) , l’intensité des symptômes, ou les échelles de qualité de vie spécifiques.
Le nombre moyen d’endoscopie fut significativement plus faible dans le groupe Hp (0,9) que dans le groupe E (1,5).
La consommation d’antisécrétoire fut plus faible dans le groupe Hp (une différence de 100 j/malade en moyenne), les traitements d’éradication furent plus fréquents (une différence de 0,08/malade).
Il n’y eut pas de différence dans le nombre de consultations de médecin généraliste ou de spécialiste, d’hospitalisation ou d’arrêt de travail. Environ 60% des malades des 2 groupes prirent des anti-inflammatoires (en moyenne 49 jours). Dans le groupe Hp 11 malades, tous Hp négatifs, eurent un ulcère, dont 9 avaient pris des anti-inflammatoires. Dans le groupe E, 48 (19%) eurent un ulcère, dont 30 eurent un traitement d’éradication avec un taux de succès de 87%.

Ainsi, dans cet essai (le seul publié avec un suivi aussi long), la stratégie « Test and Treat » n’a pas raté de pathologie sévère, a été aussi efficace en matière de symptômes et de satisfaction des patients, et a réduit la consommation d’antisécrétoires et d’endoscopies. Elle a curieusement été aussi efficace que l’endoscopie première chez les malades Hp-négatifs (elle semble les rassurer aussi bien que l’endoscopie première…). Si elle n’est pas recommandée en routine (1 seul essai ne fait pas le bonheur de l’evidence-based-medicine, mais il faudra attendre longtemps pour en voir un autre du même calibre !), cette stratégie est probablement utilisable chez des malades, qui, en l’absence de signe d’alerte, ne veulent pas d’endoscopie, et n’ont pas de symptôme de reflux prédominant…

Alexandre Pariente

Lassen AT et al Gut 2004 ; 53 : 1758-1763 [résumé]
Publié dans La Revue du Praticien Médecine Générale

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