La connaissance précise des antécédents familiaux de cancers est essentielle pour déterminer l'attitude concernant le dépistage familial et la surveillance des malades atteints. L'équipe d'un centre anticancéreux de Boston a comparé la fiche de la première consultation remplie par le médecin à un questionnaire standardisé de deux pages rempli par les 387 malades atteint de cancer colo-rectal ayant consulté un des neuf oncologistes l'année précédente. La recherche d'antécédent familial de cancer était indiquée dans 97 % des dossiers. Cependant, l'histoire familiale n'était exhaustive que dans 59 % des cas (meilleure que dans le questionnaire chez un malade sur quatre). Dans 41 % des cas, les renseignements étaient insuffisants : absence erronée d'antécédent dans un tiers des cas, histoire incomplète dans la moitié des cas, information discordante avec le questionnaire dans un cas sur cinq. Un tiers des antécédents familiaux de cancers manquait dans les dossiers des malades. Dans un tiers des cas il n'était pas mentionné que c'était un parent du premier degré qui était atteint de cancer. Un antécédent familial de cancer du côlon sur cinq, et la moitié des antécédents familiaux de cancers de l'endomètre (la plus fréquente des tumeurs extracoliques du syndrome HNPCC) avait été manquée. La qualité de l'histoire familiale n'était pas meilleure lorsque le proposant atteint de cancer avait moins de 45 ans, ni lorsqu'il existait des antécédents multiples, alors que ces deux facteurs augmentent considérablement le risque familial. Seulement 17 % des malades qui avaient des critères permettant de suspecter un syndrome HNPCC eurent une consultation d'oncogénétique. Cette étude montre que, même si elle est indiquée dans le dossier des malades, l'étude des antécédents familiaux et fréquemment incomplète et erronée, et que cela a des implications néfastes sur leur prise en charge. Et encore, la méthode de référence utilisée, un questionnaire rempli par les malades eux-mêmes, est connue pour n'avoir qu'une exactitude de 70 à 90 % en fonction de population étude, et les médecins étaient-ils des oncologues exerçant dans un centre anticancéreux renommé… Il est essentiel d'améliorer la qualité des informations concernant les antécédents familiaux de cancers chez nos malades : fiches distribuées en salle d'attente ? Autres méthodes ? :un sujet en or pour la recherche en médecine générale ! Alexandre Pariente Grover S. Clin Gastroenterol Hepatol 2004;2:813-9. [résumé] Publié dans La Revue du Praticien Médecine Générale |